Les usages varient et je n'ai pas d'information précise sur l'essentiel de, et donc c'est simplement de l'eau au moulin. Mais si on peut établir un parallèle entre un type d'emploi et le sens attribué à l'essentiel de selon le contexte, cela constitue un exercice intéressant, mais qui ne saurait être déterminant. On a peu de mérite à présenter, de manière non-exhaustive, ce qu'on trouve au LBU en ce qui a trait à la construction nom et pseudo-complément, reste que ça illustre la grande richesse des usages et le contexte dans lequel s'articule à mon avis la question (on parsème de quelques liens à la BDL pour fins de comparaison, que je n'effectue pas) :
- Avec espèce, façon, genre, manière, sorte, type avec la préposition de suivie d'un nom, c'est lui qui donne l'accord...
dans certains cas...
- Si le complément représente l'idée générale, le nom précédant a essentiellement la fonction d'un adjectif. Mais si espèce etc. est
employé dans son sens ordinaire, en particulier avec un déterminant
démonstratif, alors il donne l'accord.
- Espèce de peut se comporter tellement comme un adjectif que son déterminant peut prendre le genre du nom qui suit, à l'oral comme à
l'écrit !
- Si c'est précédé de toute, c'est le nom suivant qui donne l'accord.
- Avec force sans préposition (litt., mais illustrant la fonction de déterminant), nombre de, la plupart de, quantité de,
c'est le nom qui suit qui donne l'accord.
- Avec les expressions nominales exprimant la quantité globale et la fraction, et avec pour cent, pour mille, l'accord se fait avec le
nom qui suit selon qu'il est un pseudo-complément. Ces expressions
sont associées à la fonction de déterminant.
- Les noms du type douzaine, centaine, millier sont fortement sentis comme déterminants.
- Un nom exprimant la grande quantité (ex. infinité de) cède souvent sa fonction de donneur d'accord au nom qui le suit. Mais
c'est selon l'importance que souhaite donner l'auteur au nom ou
influence de la règle générale et il y a foule de nuances, comme
justement avec foule de.
- Les deux accords sont possibles ici (quantité) avec nombre de et quantité de à l'exclusion des cas précités, mais on semble préférer l'accord avec nom qui suit.
- Avec les fractions proprement dites, soit d'expressions avec part, partie, fraction, ou la majorité, la minorité, le reste, on dit qu'il y a concurrence et que l'accord avec le nom
complété est surtout fréquent quand c'est purement orthographique.
Mais aussi fréquent lorsque le nom des fractions est au pluriel et
le complément au singulier, ou lorsque le nom ou la majorité, la
minorité sont pris strictement dans leur sens mathématique, ou
avec le reste. Le commun de serait une locution figée avec son
propre usage.
- Pour cent, pour mille fonctionnent un peu comme les fractions et on trouve les deux types d'accord.
- Avec des emplois collectifs qui ne sont pas perçus comme déterminants de quantité (troupe, troupeau, unité, dans
certains contextes, par exemple), c'est eux qui ordinairement
donnent l'accord, tout comme quand ils sont précédés d'un article
défini ou du déterminant démonstratif ou possessif (« La foule des
vivants rit et suit sa folie », Victor Hugo, Dans le cimetière de *** ds. Les Rayons et les Ombres). Mais l'accord est
possible avec le nom complément quand il est perçu comme le cœur du
syntagme, c'est-à-dire comme un pseudo-complément, mais on le dit
moins naturel quand le nom complété est précédé de l'article défini.
[ En plus de la structure de l'article, on paraphrase copieusement le
Le bon usage, Grevisse et Goosse, ed. Duculot, § 431, incluant la note R12 pour l'exemple qui suit. ]
Grevisse et Goosse ont déniché un merveilleux exemple pour les collectifs, pragmatique à souhait, où l'auteur aborde d'abord collectivement (le triangle) puis individuellement (les canards, plusieurs individus) son sujet :
Un long triangle de canards vole très bas, comme s'ils voulaient
prendre terre ; mais tout à coup la cabane, où le caleil est allumé, les
éloigne : celui qui tient la tête de la colonne dresse le cou, remonte,
et tous les autres derrière lui s'emportent plus haut avec des cris
sauvages.
[ Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, 267 ]
Selon moi l'essentiel n'est pas un collectif dans le sens expliqué. Je l'associe davantage à la quantité, alors que l'essentiel de la journée, que c'en soit la majorité ou plus grande partie du 24 heures ou la majorité du temps où l'ensoleillement est possible, c'est a priori un sens mathématique selon moi (et donc journée pourrait donner l'accord) ; mais pas strictement (comparer avec l'exemple du LBU : la majorité des députés rejeta le projet). Ce serait la même chose pour les troupes et les athlètes, mais on pourrait peut-être vouloir dire la partie la plus importante d'un point de vue qualitatif, et dans ce cas on pourrait choisir l'accord avec l'essentiel (masc. sing.). On peut certainement dire que la quantité est un vecteur servant à la catégorisation de certains usages, mais le choix demeure et on hésite...